Message de la Présidente

angelamancini
Message aux intervenants
de la part d’Angela Mancini
Présidente de la Commission scolaire English-Montréal

« Le Premier ministre fait l’éloge du réseau des commissions scolaires anglophones alors que les libéraux portent leur attention à l’éducation. »

Le Premier ministre du Québec, Philippe Couillard, dans son allocution finale aux partisans lors du congrès de fin de semaine du PLQ, a déclaré qu’il veut maintenant suivre l’exemple des commissions scolaires anglophones et, par conséquent, abandonner pour de bon le projet de loi 86 – loi réformant le réseau des commissions scolaires.

Il a déclaré que les modèles des commissions scolaires anglophones était la voie à suivre, considérant leur taux de réussite de 85 pour cent. Il a loué le taux de réussite des écoles publiques anglophones déclarant qu’elles devaient servir d’exemple.

« Le niveau d’engagement de la communauté à son réseau scolaire est très significatif et, franchement, nous devrions la féliciter pour cela et c’est ce que nous devrions tous faire » a déclaré le Premier ministre.

« Nous devons dire à nouveau à nos compatriotes anglophones que la façon dont ils ont procédé, la façon dont ils ont administré leurs commissions scolaires et leurs écoles est la voie à suivre pour tous les québécois. » (bulletin d’information de CTV du dimanche 15 mai 2016).

C’est vraiment un virage sans précédent de la part du gouvernement ainsi que la reconnaissance de nos réalisations en tant que commissions scolaires anglophones à travers le Québec. C’est le compliment le plus important qu’un Premier ministre peut offrir à notre communauté et je voudrais profiter de cette occasion pour remercier tous nos intervenants pour leur soutien quant à nos efforts d’opposition au projet de loi 86, la loi proposée par le gouvernement qui aurait restructuré la gouvernance des commissions scolaires et limité le droit du public de voter pour des commissaires.

Le front commun d’opposition au projet de loi 86 a été couronné de succès. Le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx a confirmé qu’il ne procéderait pas à faire adopter le projet de loi. Bien qu’il ait indiqué que certains changements au fonctionnement des commissions scolaires seront mis en place, les élections scolaires seront maintenues.

Un temps et des efforts énormes ont été consacrés à l’opposition au projet de loi 86. Nous sommes heureux d’apprendre que le gouvernement a décidé de concentrer son attention à des sujets plus importants, tels que la réussite de l’élève. En ce qui nous concerne, nous n’avons jamais perdu de vue nos responsabilités pédagogiques tout au long de ce processus et nous maintenons toujours le taux le plus élevé de réussite (diplomation) parmi les écoles publiques de la province, soit 87,8%.

Défaire le projet de loi 86 a été un effort d’équipe. Avant tout, cet exercice a résulté en une expérience de rapprochement entre les commissions scolaires francophones et anglophones à travers la province. Il y a seulement un mois, nous avons tenu une conférence de presse sans précédent dans une école de la CSEM en compagnie de deux commissions scolaires anglophones et de trois commissions scolaires francophones.

L’Association des commissions scolaires anglophones du Québec, le groupe de coordination représentant les neuf commissions scolaires anglophones du Québec a fait preuve d’un fort leadership. Particulièrement, en nommant l’ancienne membre libérale du Parlement, Marlene Jennings, à la présidence d’un comité chargé d’examiner la gouvernance des commissions scolaires et de s’opposer au projet de loi 86 a fortement augmenté la crédibilité de notre cause.

À la CSEM, je tiens à remercier tous nos représentants syndicaux, nos associations administratives et leurs membres, le Comité consultatif d’élèves de la CSEM, le Comité central de parents, les conseils d’établissement et quelques-uns de nos leaders municipaux qui se sont exprimés fortement sur cette question. J’exprime ma gratitude au conseil des commissaires pour son appui et des remerciements spéciaux à notre vice-présidente Sylvia Lo Bianco pour ses efforts inlassables au cours de l’année écoulée, ainsi qu’au commissaire Joe Ortona qui a présenté avec nous notre mémoire à la Commission parlementaire à Québec. Lorsque le projet de loi 86 a été déposé par l’ancien ministre de l’Éducation, François Blais, en décembre dernier, plusieurs personnes nous ont dit que nous n’avions aucune chance à combattre ce projet de loi- que c’était un fait accompli. Nous n’avons jamais eu une attitude défaitiste.

Nous devons remercier M. Proulx, qui à titre de ministre de l’Éducation, a écouté attentivement les préoccupations exprimées par toutes les commissions scolaires, pour avoir eu le courage d’avoir supprimé ce projet de loi. Nous remercions aussi les membres de l’Assemblée nationale qui nous ont appuyés. Un grand nombre de ces députés appartiennent au parti Libéral, mais nous devons reconnaître l’aide du Parti québécois, de leur ancien chef Pierre-Karl Péladeau et du critique de l’éducation, Alexandre Cloutier. Lorsque M. Blais a tenté d’annuler une élection partielle de la CSEM avant l’introduction du projet de loi 86 pour la circonscription de Côte Saint-Luc Hampstead, c’est M. Péladeau qui s’y est opposé et a empêché l’annulation. Ces deux députés se sont à nouveau élevés contre l’exclusion de la CSEM des groupes invités à présenter leurs mémoires sur le projet de loi 86. Lors des auditions, M. Cloutier a indiqué vivement et clairement que le projet de loi 86 était inconstitutionnel. Nous ne partageons pas toujours les mêmes opinions que le PQ mais, dans ce cas, leur position était exactement la même que la nôtre.

La CSEM est capable de gérer efficacement ses écoles et de livrer des résultats grâce à la confiance investie par les contribuables qui élisent librement et équitablement leurs commissaires pour les représenter au conseil des commissaires. La légitimité qui émane du fait d’être élu par le biais du processus de suffrage universel ne peut pas être sous-estimée ni être prise pour acquis. L’intégrité et la transparence incombent à tous les élus qui sont démocratiquement choisis par les membres de leur communauté.

Nous avons hâte de savoir quels sont les plans de M. Proulx et, avec les autres commissions scolaires, nous sommes fin prêts à collaborer.

Angela Mancini
Présidente.