Communiqués de presse

LA CSEM SE JOINT À L'HÔPITAL SAINTE-JUSTINE POUR LE LANCEMENT D'UNE ÉTUDE DE RECHERCHE SUR LA SCOLIOSE

MONTRÉAL, LE 16 AOÛT 2007- La Commission scolaire English-Montréal (CSEM) a accepté de travailler avec les chargés de recherche et les experts médicaux du CHU Sainte-Justine (Centre hospitalier universitaire) qui étudient les difformités musculosquelettiques chez les adolescents à une étude reliée à la scoliose idiopathique des adolescents (SIA).

Il fut un temps où tous les élèves des écoles du Québec étaient testés pour la scoliose, mais, depuis 20 ans, cette pratique a été abandonnée. Bien que l'objectif de cette étude soit de recueillir des données auprès des élèves de la 4e à la 11e année, elle donnera aussi aux parents l'occasion de faire examiner leurs enfants.

La scoliose est une courbure latérale de la colonne vertébrale. Elle affecte 4 personnes sur 100, principalement les filles. Pour un petit nombre de personnes, la courbure empire lors de leur croissance et elles auront peut être besoin d'un appareil de soutien ou d’une opération pour la corrige.

La SIA est la maladie fréquente la plus connue associée avec les difformités musculosquelettiques. La forme la plus commune de scoliose n'est pas très définie bien que la SIA soit une maladie affectant un nombre important d'adolescents (0,2 à 6 de la population) et affectant principalement les filles en nombre et gravité. La clinique orthopédique de Sainte-Justine reçoit 2 500 patients chaque année qui ont besoin d'un suivi médical chaque trois à six mois, associé parfois à une pose d'appareil de soutien et ou/de chirurgie. Cette difformité spinale est dénommée idiopathique parce que la façon dont elle se développe n'est pas encore définie. Il n'existe pas de méthode prouvée ou de test disponible actuellement pour identifier les enfants ou les adolescents qui risquent de développer la SIA ou d’identifier quelles personnes affectées risquent une progression de la maladie.

C'est dans cet ordre d'idées que l'étude CSEM/Sainte-Justine se concentrera à trouver de nouveaux traitements et même des médicaments qui pourraient être en mesure de guérir, sinon prévenir, l'apparition de ces difformités. Le Dr Alain Moreau, qui supervise l'étude de recherche, explique qu'elle porte sur une étude moléculaire et génétique de la détection anormale de mélatonine, une hormone naturelle, qui pourrait causer la SIA et expliquer pourquoi les cellules des patients SIA ne réagissent pas à la mélatonine.

L'équipe de Sainte-Justine compte visiter les écoles de la CSEM en automne. Toutes les recherches compareront les enfants qui ont déjà été diagnostiqués comme atteints de la SIA avec d'autres qui sont totalement sains. Il est demandé aux parents d'aider cette cause et de permettre à leur enfant de participer à cette étude en lui demandant un échantillon de sang de 20 ml afin de comparer ses lymphocytes (cellules blanches) avec celles des patients de la clinique.

" Nous espérons que toutes les informations recueillies mèneront dans un proche avenir à de nouvelles thérapies et, éventuellement, à de nouvelles méthodes de diagnostics précoces de la scoliose idiopathique chez les adolescents " déclare le Dr Moreau.

Le Dr Moreau précise que les élèves qui participent auront l'occasion de contribuer à l'avancement des connaissances scientifiques. En tant que sujets de contrôle, leur sang sera utilisé pour un test fonctionnel de mélatonine et permettra aussi à l'hôpital d'établir des normes pédiatriques pour de nouveaux niveaux de facteurs biochimiques dans le sang des enfants et des adolescents. Les deux échantillons de sang (2x10ml), seulement aux fins de cette étude, seront prélevés afin de pouvoir isoler les lymphocytes (cellules sanguines) afin que les chargés de recherche puissent extraire l'ADN utilisée en test génétique et aussi doser les trois différents facteurs biochimiques secrétés par le sang. Après ces deux échantillons de sang, trois autres échantillons espacés de six mois seront requis, soit un suivi de 18 mois.

Ces échantillons de sang seront utilisés à des fins de recherche pour permettre une meilleure compréhension des mécanismes de la scoliose. " Par conséquent, afin de pouvoir obtenir une meilleure compréhension de la SIA et, éventuellement, développer des médicaments améliorés pour mieux traiter ou même guérir cette maladie, nous avons besoin de recruter des sujets sains pour comparer nos résultats " mentionne le Dr Moreau. " Les échantillons recueillis ne seront identifiés que par un numéro de code distinct et non identifiable, ce qui assurera la confidentialité de la source de l'échantillon. La seule information conservée par le laboratoire sera l'âge et le sexe du patient. Nous recueillerons aussi certaines informations sur votre enfant aux fins de notre étude, telles que les habitudes alimentaires et de consommation de tabac. La recherche sur les échantillons prélevés par les chargés de recherche qui participent à cette étude, ou par leurs collègues, pourrait mener au développement d'appareils commerciaux, de nouveaux médicaments ou de processus de brevets. "

Bien que les sujets sains pourraient ne pas tirer des avantages immédiats ou spécifiques de la participation à cette étude, ils auront, néanmoins, contribué à l'avancement des connaissances scientifiques qui pourraient aider d'autres enfants à l'avenir. Le protocole de recherche ne présente aucun danger pour le patient (autre que les risques associés à une prise d'échantillon de sang). Il faudrait aussi prendre note que la recherche n'est qu'aux stages préliminaires et expérimentaux et ne vise pas à diagnostiquer toute autre condition.

Le groupe du Dr Moreau a lancé le projet récemment à la Commission scolaire des Affluents (CSA) à Repentigny où 37 enfants sains de cinq écoles ont été inscrits à l'étude. Au cours de chaque visite d'école, un chirurgien orthopédique (Dr Benoît Poitras) entreprendra un examen médical avec un scoliomètre, deux infirmières recueilleront des échantillons de sang (près de deux cuillères à thé) et des données démographiques de base. Toutes les données seront codifiées afin de demeurer anonymes. Au cas de détection de scoliose, les parents seront avisés et une soumission clinique de cas sera donnée pour l'hôpital de leur choix pour une évaluation en profondeur et un suivi. À la CSA, quelques élèves ont été diagnostiqués comme atteints de scoliose.

L'un des avantages de ce projet est que la visite aux écoles a permis d'identifier un certain nombre d'élèves atteints de scoliose. " Nous allons non seulement procéder au dépistage " déclare le Dr Moreau, " mais nous allons aussi œuvrer avec des pédiatres pour porter plus d'attention à cette question. "

La recherche sera entreprise au laboratoire de Génétique Moléculaire (difformités des os et musculosquelettiques) au Centre de recherche du CHU Sainte-Justine, affilié à l'Université de Montréal. La première phase du projet de recherche se fera en trois ans et elle est commanditée par Paradigm Spine, une société américaine de New York et la Fondation Yves Cotrel de l'Institut de France.

" Cette nouvelle découverte changera significativement la façon dont les chirurgiens orthopédiques traiteront la scoliose à l'avenir " précise le Dr Moreau. " Elle permettra aux médecins d'intervenir plus tôt et plus rapidement. Elle permettra aussi de développer des traitements qui sont moins invasifs que la chirurgie, tels que les effets de la nutrition et de la physiothérapie. Cette étude offrira une base plus rationnelle pour le développement de meilleurs traitements et les premières pharmacothérapies afin de prévenir la scoliose et arrêter sa progression. "



Michael J. Cohen
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